Kahlil Gibran — The Madman: His Parables and Poems (Le Fol : Ses Paraboles et Poèmes)

A century ago, in October 1918, the very first book that Kahlil Gibran wrote in English was published in New York: The Madman. It is an anthology of thirty-five texts of variable lengths – parables and poems – in which he tries, at the end of the Great War, to give significance and morality to life.

 

Composed of texts that Gibran originally wrote in Arabic and translated in English, and also of texts that he wrote directly in English, this book is, in essence, an oriental work, with no influence of the Western world. In it, Kahlil Gibran expresses with passion the inner life, while his subsequent works would be characterised by a form of subtle restraint and true mastery of vast wisdom and profound compassion.

 

Themes are developed that would also be the subject matter of his next two books, in the form of blossoming buds full of promises in The Forerunner and of beautiful flowers in full bloom in The Prophet.

 

Tainted with typically oriental poetry, Khalil Gibran's form of English is peppered with archaisms and dated phrases. The translation that Philippe delivers is an attempt at conveying the poetry, the rhythm and the breath of the original by resorting to classical French.

Purchasing Le Fol :

The book has been available since 15 February 2019. When you click on the Purchase button, you can order it directly from the author who will dedicate to you the copy you will be sent.

 

The book is also available online on the website of DEMDEL Éditions, and in the bookshop Le Point Virgule in Arlon. Several other local shops also have it on display.

Purchase

Foreword

Reproduced here is the foreword that was kindly written in French by Pierre Meersschaert, a friend and former colleague of the author.

 

À l'apogée du classicisme, au cœur de ce XVIIe siècle qui fixa pour l'éternité – ou, du moins, pour les générations à venir, étant nous-mêmes les représentants de la quatorzième génération, – les repères de cette langue qui nous est si chère, le poète, critique et traducteur Nicolas Boileau offrit au monde cette maxime qui, cristallisée en deux alexandrins, sentence unique, célébrerait la précision, la clarté et l'équilibre du français :

 

« Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement

Et les mots pour le dire arrivent aisément ».

 

Parcourant avec une curiosité voire une frénésie croissantes Le Fol de Khalil Gibran et la traduction que nous en propose Philippe, le regard tantôt accroché aux formules anglaises, tantôt arrêté sur le phrasé français, je bondissais de gauche à droite, puis de droite à gauche – de la source à la cible, et de celle-ci de nouveau vers celle-là.

 

L'œil exercé du traducteur lecteur ne cesse de partir à la recherche des maîtresses trouvailles. Le traducteur lecteur s'enivre en cueillant, de page en page, d'une ligne à l'autre, tel un insecte bourdonnant de feuille à fleur, l'équivalence évidente, la transformation réussie, l'audacieux déplacement sur l'axe syntagmatique ou sur l'axe paradigmatique. Et, dans son esprit, il compte les points et apprécie tel passage d'un verbe anglais à un nom commun français, tel adverbe anglais devenant proposition adverbiale – voire transformé en sujet en français. Et pourquoi pas ? soyons fous, après tout ! Maint traducteur, et je reconnais avoir pêché par là, finit par s'intéresser exclusivement à ces transformations sémantiques, par se donner en spectacle s'il traduit lui-même...

 

Rien de tout cela dans l'admirable traduction de Philippe : chaque mot est à sa place. Philippe, bien entendu, a ouvert tout grand les registres de la traduction littéraire. Il a lissé, transformé, déplacé, s'il le fallait, mots, segments et phrases. Il a dompté les eaux saccadées de la Wye sylvestre pour les rendre aptes au lit majestueux de la Seine. Du mixed border, on passe au jardin tracé au cordeau. Philippe a montré toute l'étendue de son art, glissant dans ces agencements français quelques indispensables touches anciennes, médiévales ou rabelaisiennes. Mais jamais il ne joue pour la galerie. Le traducteur s'est mis, tout entier, au service du texte.

 

Ce texte, il faut lui rendre hommage : par ses résonances bibliques, il suscite chez le lecteur des élans de sagesse, d'introspection, de méditation. Des esprits vétérotestamentaires planent au-dessus de ces pensées nées dans l'esprit d'un homme, Khalil Gibran, originaire de cette région qui a vu sourdre les trois monothéismes, et coulées dans des phrases simples en apparence. En apparence seulement, car chacune d'elles peut tendre un piège au traducteur. Philippe démontre, par le respect qu'il témoigne à l'auteur, que la maîtrise des langues anglaise et française, qui vibrent toutes deux à l'unisson en son cœur, lui a permis, mais je n'en doutais point, de se conformer à la loi universelle du traducteur, qui affirme : à cœur vaillant rien d'intraduisible.

 

Faut-il croire que tout est en place dès les jeunes années ? J'ai eu, voici un quart de siècle, le privilège de croiser Philippe sur mon chemin professionnel. L'ayant côtoyé durant une moitié de décennie, j'ai appris – avec lui et grâce à lui – toute une série de réflexes et d'interrogations multilingues qui forment la base de notre profession.

 

Les années ont passé. Nos chemins professionnels se sont séparés à l'aube de ce nouveau siècle qui, à présent, est le nôtre. Mais, en creux de ce livre qui se lit comme on apprécie l'exécution d'un quatre-mains au piano, j'entrevois le portrait invariable de Philippe. Et je me dis : naguère, il s'était déjà fait siens ces mots, ces phrases, ce style… sa voix.

 

Et ce qu'il conçoit bien, il l'énonce clairement

Et les mots pour le dire lui arrivent aisément.

 

Pierre MEERSSCHAERT, Anhée, June 2018

Le Fol on the Web...

Le Fol, Philippe's translation of Kahlil Gibran's The Madman, is referenced on the website of the Kahlil Gibran Collective.

KG Collective